VERTUS DES PLANTES DE NOTRE QUOTIDIEN

Nous utilisons quotidiennement de nombreuses espèces de plantes potagères ou aromatiques à des fins strictement culinaires. Connues, pour la plupart d’entre elles depuis l’antiquité, leur usage a fait l’objet de croyances populaires avant d’être étudiées par les laboratoires biochimiques et pharmaceutiques.

Petites histoires des plantes de notre potager

L’artichaut

artichautCynara, d’après une légende grecque, aurait été une belle jeune fille qui, avait résisté aux avances de Zeus en personne… En colère, le Dieu l’a transformée en plante épineuse.

Sa racine, cuite avec du vin, avait la réputation de boisson capable de faire uriner. Originaire des régions méditerranéennes, l’artichaut fut introduit en France par les guerres d’Italie.

Il contient du manganèses, du fer, de la vitamine A, de la vitamine B1, de la vitamine C. On utilise ses feuilles pour soigner les maladies du foie et de la vésicule biliaire. Le constituant le plus important de cette feuille est le cynarine (antioxydant) qui a la propriété de stimuler à la fois la formation et l’élimination de la bile. C’est un régénérateur de la cellule hépatique utilisé en cas de jaunisse et pour les suites de cette maladie, ainsi que chez les malades atteints de cirrhose du foie. Il contribue également à lutter contre la constipation liée à l’insuffisance hépatique. Il contient dans ces cellules résinifères un suc trouble et résineux qui lui donne une action astringente et fébrifuge (combat la fièvre).

artichaut2L’artichaut constitue une source élevée de fibres alimentaires avec 4,7 g pour un artichaut de taille moyenne. Il faut savoir qu’une alimentation riche en fibres variées est associée à un plus faible risque de cancer du côlon et aide à contrôler l’appétit en apportant plus rapidement un sentiment de satiété.

Il est cependant important de noter que ces vertus n’existent quand consommant des artichauts crus. Heureusement, il existe des médicaments naturels, en gélules ou en comprimés et même en ampoules, pour le traitement de certains troubles et maladies tel que la cirrhose, les calculs biliaires et les troubles rénaux.

Attention : sachez que l’artichaut est déconseillé aux femmes qui allaitent à cause de son action inhibitrice sur la sécrétion lactée.

La camomille

grandecamomileLes propriétés bienfaisantes de la camomille sont connues depuis l’Antiquité. Les anciens Égyptiens la donnaient en offrande au soleil et la vénéraient plus que toute autre herbe pour ses qualités médicinales. Les médecins grecs la prescrivaient en cas de fièvre et de maladies gynécologiques. Aujourd’hui, la camomille est sans doute une des plantes les plus utilisées au monde, en raison de tous ces bienfaits.

Il existe deux sortes de camomilles. Même si la camomille allemande parait plus agréable à boire, la romaine reste la plus utilisée et leurs propriétés sont à peu près similaires.

D’après les recettes anciennes la camomille était utilisées de diverses façons :

  • Le jus des feuilles servait à faire baisser la fièvre ;
  • les bains de camomille pour adoucir les jointures des bras et des jambes, les reins et les nerfs.
  • Son huile servait à ôter la douleur des jointures des membres.
  • Enfin, ses feuilles, mortifiées sur une brique chaude apaisent la douleur de la tête.

La camomille romaine s’emploie sous forme d’infusions, d’extrait, d’huile, d’hydrolat, de poudre et de sirop. L’huile de camomille camphrée peut s’administrer en injections sous cutanées. C’est un sédatif doux, particulièrement indiqué après un choc psychologique violent ou en cas de crise de nerfs. La camomille romaine est un tonique amer et antispasmodique qui apaise les intestins irritables. Son action antiseptique permet de l’utiliser en bains de bouche et lotions. L’usage a surtout confirmé son effet régulateur de la digestion et son action antispasmodique utilisés dans les affections digestives. Une autre propriété, découverte plus récemment, a également été imposée par l’expérience populaire : il s’agit d’une action anti-inflammatoire utilisée en bains oculaires.camomille

Contre-indications 

  • Certaines personnes sont allergiques aux plantes de la famille des astéracées à laquelle la camomille appartient comme la marguerite, l’arnica, le souci, le chrysanthème, etc.
  • Par ailleurs, son usage sous la forme d’huile essentielle est déconseillé pendant le premier trimestre de la grossesse. La camomille est traditionnellement réputée pour son efficacité à déclencher les menstruations. La grande camomille est déconseillée aux femmes qui allaitent, et aux enfants de moins de deux ans.
  • La mastication régulière et à long terme des feuilles de camomille peuvent éventuellement causer chez certaines personnes de petits ulcères buccaux. La prise en capsules ou comprimés permet de contourner ce problème

La camomille pour les animaux

Faites fuir les puces en disposant des petits sachets de fleurs séchées de camomille sous les coussins du canapé, les endroits préférés de votre chat ou de votre chien.camomille2

L’asperge

asperge2Dans la tradition populaire, l’asperge, absorbée au début des repas, avait la faculté de faire uriner et de provoquer la « désobstruction du rein et du foie ».

Les vertus de l’asperge sont connues depuis l’antiquité; les Grecs l’avaient dédié à la déesse de l’amour, Aphrodite. elle jouissait d’une très grande réputation comme plante médicinale. Elle était censée tout soigner, depuis les piqûres d’abeille jusqu’aux troubles cardiaques en passant par l’hydropisie et le mal de dents. On la considérait également comme un aphrodisiaque et on n’hésitait pas, pour cette raison, à boire l’eau dans laquelle elle avait cuit.

Les romains vantaient ce légume « pour la jouissance et l’amour ». L’asperge fait partie des plantes « exotiques » que la princesse italienne Catherine de Médicis apporte dans ses bagages lorsque, au XVIè siècle, elle traverse les Alpes pour épouser le futur roi de France, Henri II. Mais c’est au XVIIIème siècle que l’asperge utilisée couramment comme plante médicinale prendra le statut de légume réservé à l’élite. En effet, les asperges n’étaient pas prisées du peuple, éprouvé par un dur labeur et dont les besoins alimentaires ne pouvaient être satisfaits par ce légume peu calorique et peu nourrissant, seule l’aristocratie goûtaient à ce mets précieux et délicat. Un siècle plus tard, Louis XIV accordera à son premier jardinier un titre et un lopin de terre pour le remercier d’avoir trouvé le moyen de cultiver ce précieux légume toute l’année.asperge1

PROPRIÉTÉS

L’asperge renferme de l’asparagine et du méthyl-mercaptan. C’est un dépuratif, un diurétique, un draineur hépatique et rénal. Riche en purines, ce légume doit etre consommé en faible quantité par les malades atteints de goutte. Les racines séchées de l’asperge officinale sont utilisées comme diurétique ; utilisées en décoction, elles servent à combattre l’embonpoint.

Elle contient également de la mannite, de la conniférine, des sels de potasse et une albumine végétale. Elle peut etre également prescrite en tant que sédatif de cœur.

On lui attribue également une action anticancéreuse. L’acide folique (vitamine B9) contribue à protéger l’organisme contre les cancers du poumon, du colon et de l’utérus. Le glutathion est une petite protéine et un puissant antioxydant et à ce titre, il aide à la défense des cellules contre le développement du cancer. Certains en ont fait leur cheval de bataille particulièrement en Allemagne pour la lutte anti-cancer et témoignent de la guérison de certains cancers grâce à une cure intensive d’asperge !?

A savoir, l’asperge est riche en stéroïdes, phytoestrogènes, qui stimulent la production de testostérone.

REMÈDES DE GRAND-MÈRE

Pour soulager les voies respiratoires : pour vous aider à respirer lors d’affection respiratoire, vous pouvez vous concocter une boisson à propriété médicinale à base d’asperges. Pour cela, hachez les asperges dans un bocal et couvrez de vodka. Fermez hermétiquement, puis laissez reposer ainsi dans un endroit frais durant 10 jours. Ensuite, jetez les asperges et versez 10 gouttes maximum dans un verre. Buvez cette boisson 3 fois par jour.

Traiter la dépression : récoltez 2 grammes de la poudre sèche de la racine d’une asperge. Versez-la dans un grand verre d’eau, mélangez avec une cuillère à café et buvez cette boisson naturelle une fois par jour.

La carotte

carotteOn suppose que la carotte vient du Moyen-Orient, puisqu’on y a retrouvé des traces de spécimens sauvages datant de deux mille ans. On l’utilisait essentiellement pour ses vertus médicinales, elle était alors, blanchâtre, fibreuse, dure, et difficile à consommer. Ce n’est qu’à la Renaissance qu’on améliora l’espèce pour la rendre plus savoureuse. Mais c’est à partir du milieu du XIXème siècle, grâce à des agronomes français, que la carotte acquiert sa belle couleur orangée et devient un des légumes les plus consommés en Europe.

Les feuilles de carottes sauvages étaient employées contre les hémorroïdes, soit en cataplasmes, les feuilles étant placées chaudes dans un linge, soit en bains de siège chauds, dans un seau hygiénique contenant les feuilles bouillies et l’eau de cuissonDaucus-carota

La carotte cultivée a remplacé la carotte sauvage. Elle possède une action émolliente, diurétique et vermifuge. Considérée comme remède populaire par excellence contre la jaunisse, elle convient dans les cas d’irritation gastro-hépatique. Sa pulpe apaise les douleurs des brulures.

Elle contient une substance précieuse, la bêtacarotène, qui est transformé dans l’organisme en vitamine A. Elle prépare la peau à l’exposition au soleil, facilite le bronzage et prévient les allergies solaires.

Elle est utile en période de croissance car elle favorise l’assimilation des protéines et la constitution des tissus. La carotte est tonique, reminéralisante, antianémique car augmente le nombre des globules rouges et l’hémoglobine.

la carotte agirait également sur le taux du cholestérol sanguin. Selon une étude, l’enrichissement de l’alimentation, avec 200 g de carottes crues chaque jour, peut faire chuter de 11 % le taux du cholestérol. On attribue cet effet aux fibres solubles de la carotte, à certaines hémicelluloses qui limitent l’assimilation du cholestérol et surtout aux pectines qui ont une action séquestrante sur les sels biliaires et les acides gras. Ces pectines maintiennent le cholestérol dans le tube digestif l’empêchant ainsi de diffuser dans le sang. Elles modifient la viscosité des aliments présents dans le tube digestif, régularisant de la sorte l’absorption des graisses, du cholestérol notamment.

La cerise

ceriseLe cerisier était déjà présent en Europe 3000 ans avant notre ère, on en a trouvé des traces dans les cités lacustres suisses de l’âge de pierre, mais on ignore d’où il est vraiment originaire, peut être des régions autour de la mer Caspienne et de la mer Noire. Bien avant l’avènement de l’agriculture. Il semblerait que nos ancêtres du Néolithique fabriquaient du vin de cerise avant d’utiliser le raisin. 
Grecs et Romains connaissaient bien le cerisier, du moins sous sa forme “sauvage” de merisier. 
En France, dès le Moyen-Age, la cerise était l’un des fruits les plus appréciés. Louis XV, grand amateur de cerises, encouragea la culture et le développement des nouvelles variétés. Et à la fin du XIXème siècle, Montmorency était réputé pour sa récolte de cerises, les Parisiens s’y rendaient en foule, à la belle saison, pour y déguster les cerises aigrelettes et parfumées.
 Aujourd’hui, plus de 200 variétés sont répertoriées dans notre pays, mais on n’en cultive seulement qu’une douzaine.

Dans la tradition populaire, la gomme de cerisier bue avec du vin blanc possédait la propriété de rompre les calculs de reins et de la vessie. Les infusions de queue de cerise étaient deja employées comme diurétique. La queue de cerise est particulierement appréciée aujourd’hui encore. Elle permet de nettoyer l’ensemble de l’organisme en éliminant les toxines accumulées dans le corps. Les flavonoïdes et sels de potassium qu’elle contient favorisent l’élimination rénale de l’eau et combattent les inflammations des voies urinaires. C’est une alliée du traitement des oedèmes, calculs urinaires, cystites et hypertensions légères.cerisier2

Ses principaux constituants sont les vitamines A, B et C, des minéraux comme le fer, le calcium, le phosphore, le chlore, le soufre, le magnésium, le sodium, le potassium, ainsi que des oligo-éléments. C’est un dépuratif puissant, détoxiquant et reminéralisant. L’huile extraite de l’amande du noyau serait active contre les douleurs rhumatismales, les verrues, les taches cutanées.

Le chou

Fruits et LŽgumes

Fruits et LŽgumes

Ce légume est consommé depuis l’antiquité, à partir de formes sauvages originaires d’Europe de l’Ouest ou méridionale. Le chou est un légume aux nombreuses vertus nutritives et médicinales, pourtant il ne fait pas beaucoup partie de notre alimentation à cause de son odeur à la cuisson ou de sa digestion difficile.

On le considérait, comme le « médecin des pauvres ». Autrefois le chou rouge était employé en bouillon comme laxatif, cuit avec du sucre comme émollient. Contre les douleurs de la goutte et les rhumatismes on faisait des cataplasmes de choux cuits, mélangés avec des jaunes d’oeufs crus et du vinaigre. De nos jours, le chou vert classique des jardins est toujours considéré comme souverain, lui aussi, contre les douleurs rhumatismales. Selon le docteur Jean Valnet, le chou parait avoir une affinité particulière pour les humeurs viciées qu’il oblige à sortir des tissus. Il semble même que l’application sur des points limités d’une affection étendue soit profitable à l’affection tout entière. Les toxines éloignées paraissent attirées par le chou. Ainsi le chou participerait à l’élimination des déchets de l’organisme, il favorise et accelère également la cicatrisation de plaies.

L’identification d’hormones végétales et de diffèrent éléments constitutifs des plantes a permis de donner une explication rationnelle à l’action de nombreux végétaux jusque la utilisés empiriquement. S’agissant de l’action du chou dans le traitement des ascites, on continue à avancer l’hypothèse d’un principe qui agirait sur la perméabilité des capillaires péritonéaux. Les guérisons obtenues par le chou concernent des affections très diverses : plaies, douleurs rhumatismales, névralgies faciales, céphalées, ulcères de jambe, etc.

Pendant six cents ans, les Romains se servirent du chou, par voie interne ou en application externe pour toutes les maladies. Ils l’employaient comme purgatif, dépuratif, en préparaient des cataplasmes. Les soldats s’en servaient pour panser les blessures. Les applications de feuilles de chou peuvent être pratiquées pour soulager une foule d’affections ; on n’en citera que quelques unes ; gerçures, contusions, plaies diverses, brulures, abcès, migraines, morsures d’animaux, etc. En usage interne, ses indications sont également multiples. On l’utilisait en effet de longue date pour soigner des affections respiratoires, gastriques, intestinales, ainsi que les anémies.

Il contient de très nombreuses vitamines, C,B1, B2, PP, D2, U, K, du soufre, du magnésium, du calcium.

L’olivier

olivierSelon une recette ancienne, « le jus de sa feuille avec du vin blanc ou de l’eau de pluie restreint toutes sortes de flux de sang ».

Ses feuilles constituent la partie active grâce à l’oleuropéoside qu’elle contiennent. Elles sont hypotensives et agissent sur l’ensemble des troubles de l’hypertension artérielle : céphalées, mouches volantes, vertiges, bourdonnements d’oreilles. Leur action directe sur l’hypertension est complétée par un effet diurétique.

L’olivier est utile dans la prévention de l’artériosclérose et les maladies coronariennes. Il baisse le taux de mauvais cholestérol et augmente le bon cholestérol. Il régule aussi le rythme cardiaque.

L’olivier parait avoir été un des premiers arbres cultivés par les hommes. Il était déjà cultivés par les Egyptiens plus de vingt siècles avant notre ère. On a trouvé des rameaux d’olivier dans des sarcophages datant de plus de 4000 ans. Actuellement, l’huile d’olive est reconnue comme un cholagogue et un laxatif. La feuille contient du calcium, du phosphore, du magnésium, du soufre, du potassium, du sodium, du fer, du chlore ainsi que des acides organiques, des acides gras et une huile essentielle.

L’olivier est donc hypotenseur par vaso-dilatation, diurétique, antidiabétique, fébrifuge. Il facilite aussi les fonctions hépatiques. En usage externe, il est indiqué pour soigner les abcès et furoncles, les eczémas.

Le pissenlit

pissenlitOn l’appelle également cette plante « dent-de-lion », florion d’or », « oeil de boeuf », « salade de taupe », « tête de moine ».

La racine pivotante du pissenlit secrète deux substances amères : la taraxacine et la taraxérine. Les propriétés diurétiques de la plante sont connues au point de lui avoir valu son ancien nom. En effet, on l’appelait au XVIIIe siècle « herbe urinara ». Il était autrefois classé parmi les diurétiques « froids » comme la chicorée, le fraisier, le nénuphar, l’oseille, en opposition avec les diurétiques « chaud », tels que l’ache, le fenouil, l’oignon, le persil. Le pissenlit agit aussi au niveau digestif en augmentant l’écoulement de la bile et en stimulant les foies paresseux. Par son effet nettoyant le pissenlit permet l’élimination des calculs biliaires et rénaux. C’est un tonique amer, apéritif, draineur hépatobiliaire, décongestif, dépuratif sanguin.

En usage externe, le suc est employé en collyre et contre les verrues. Les décoctions de tiges, feuilles et boutons s’emploient contre les taies de la cornée, l’eau distillée, en lavage contre les tâches du visage. A l’heure actuelle, la médecine traditionnelle a confirmé l’emploi de la racine comme cholérétique, diurétique et laxatif. Ce végétal entre dans la composition de plusieurs spécialités pharmaceutiques.

Le romarin

romarinSon nom latin signifiait rosée de mer. Au début du XVIIe siècle, la reine Isabelle de Hongrie, alors agée de 70 ans, aurait retrouvé jeunesse et santé grâce à cette plante. Elle prétendait tenir d’un ange la recette de son eau tonifiante, un véritable élixir de jouvence, qui est toujours commercialisée de nos jours sous le nom d’eau de la reine de Hongrie. cette lotion demeura très en vogue dans toute l’Europe jusqu’à la révolution.

Le romarin était aussi supposé chasser les cauchemars, lorsqu’on en plaçait un brin sous son oreiller. On dit que le romarin préserve la mémoire ; c’est pourquoi on en tressait autrefois dans les couronnes des jeunes mariés afin qu’ils n’oublient pas leur engagement mutuel.

Le romarin se rencontre plus particulièrement dans le midi. On utilise les jeunes rameaux fleuris, séchés à l’air. cette plante était chère aux jardins du Moyen-Age ; son nom était associé, dans l’imagination populaire, à celui de la Vierge Marie.

Actuellement cette plante reste utilisée pour ses qualités stomachiques et stimulantes.  On en tire également une friction. Comme toutes les lamiacées, les feuilles de romarin renferment une huile essentielle à laquelle il doit ses propriétés curatives du tube digestif. Il est notamment indiqué en cas d’inflammation chronique de la vésicule biliaire. Cette plante a un rôle hépatoprotecteur en piégeant les radicaux libres. Il agit sur les fermentations intestinales et sur les douleurs abdominales qu’elles entrainent, en calmant les spasmes d’origine digestive par son action spasmolytique sur l’estomac.

Par son effet relaxant sur les muscles lisses du système respiratoire, il calme aussi la toux et contribue au confort de l’asthmatique. Il s’utilise également pour soigner les bronchites grâce à son huile essentielle antiseptique.

Le romarin est aussi un tonifiant ; il prévient les chutes de tensions liées à la fatigue. Il est, en outre, réputé capable de guérir la frigidité.

Il est aussi emménagogue et a été utilisé autrefois comme abortif. Il est donc fortement déconseillé, voire interdit, au cours d’une grossesse.

Enfin il s’utilise en traitement de fond de la nervosité.

En usage externe, la décoction de romarin constitue un antiseptique léger pour traiter les petits problèmes cutanés. L’usage a mis en évidence l’action cicatrisante et antiseptique des sommités fleuries de romarin en usage externe ; celle-ci entrent dans la composition de la teinture de citron composée, autrement dit de « l’eau de Cologne ».

Le cerfeuil

CerfeuilOriginaire sans doute de Sibérie, il était bien connu des grecs qui l’appelaient « feuille qui réjouit ». Les romains en firent un symbole de résurrection et de rajeunissement. A partir du Moyen-âge, il arrive en France, rapporté des Croisades. On l’utilise alors comme plante médicinale.

Selon la tradition des remèdes populaires, le cerfeuil, broyé dans un mortier avec du miel détrempé de vinaigre, bu à jeun, guérit le mal de coté, les pieds gelés et « débouche les conduits ». il était censé constituer un très bon remède contre les problèmes urinaires tels que les calculs et la cystite, corriger la mauvaise circulation du sang et ses troubles associés comme les hémorroïdes, les problèmes veineux, etc. Il était également recommandé aux personnes souffrant d’hypertension. Il était également utilisé jadis contre les tumeurs et les furoncles.

Tres riche en fer, en calcium et en vitamines, particulierement en vitamine C, il est un aliment de choix pour prévenir l’anémie.

En usage interne, c’est un stimulant, un dépuratif, et un diurétique.

En usage externe, il est utilisé pour soulager les dermatoses, les hémorroïdes, les affections oculaires. Sous forme de masques ou de cataplasmes le cerfeuil purifie et adoucit la peau, soulage les piqûres d’insectes, l’eczéma, les contusions et les douleurs rhumatismales.

L’oignon

oignonOn en faisait autrefois des cataplasmes pour le traitement des angines. L’oignon est une bactéricide très efficace qui protège contre les rhumes et les infections.

Il contient du soufre et de la silice. Il a pour effet de purifier le sang et de favoriser le drainage lymphatique. Ses principaux constituants sont du sucre, des vitamines A, B, C et des sels minéraux : sodium, potassium, phosphates et nitrates, fer, soufre, iode, silice, principes antibiotiques.

C’est un stimulant général du système nerveux, hépatique, biliaire, un diurétique puissant, efficace contre les rhumatisme et un antiseptique contre les infections.

En usage externe, c’est un émollient et résolutif, un antiseptique, un antalgique.

Mise en garde : la digestion de l’oignon peut parfois poser des problèmes de digestion, ballonnements, douleurs abdominales, troubles du transit et flatulences. Sa digestion peut déclencher un processus de fermentation qui perturbe le transit des personnes sensibles des intestins. La tolérance de l’oignon reste un facteur individuel. Il vous faut donc voir quel est votre seuil de tolérance. Si vous observez des effets digestifs indésirables, essayez de diminuer votre consommation ou de changer de variété. Les oignons se digèrent plus facilement cuits que crus.

Pour éviter d’avoir mauvaise haleine après avoir mangé de l’oignon il suffit de garder en mémoire les aliments qui vous aideront à vous débarrasser des substances sulfurées responsables de la mauvaise haleine comme le persil, les bananes et le kiwi. Après avoir mangé de l’ail ou de l’oignon, mâchez un peu de persil frais : efficacité garantie !

Le persil

persilOn le prétendait aphrodisiaque. Le toucher aurait fait casser les verres, tourner le lait des nourrices. En revanche, porté sur soi au contact de la peau il était censé calmer tous les maux de ventre.

Le persil compte parmi les plantes les plus riches en vitamines C, en provitamine A, en vitamine E, en fer, en calcium, en potassium, en manganèse.

C’est un stimulant général et nerveux, contre l’anémie, un détoxiquant, un dépuratif et un diurétique.

En usage externe, il est employé pour soigner les contusions, les plaies les piqûres d’insectes, les ophtalmies.

Le thym

thymDans les pays anglo-saxons, on prétend que les fées adorent cette plante aromatique. Les Grecs et les Romains en brulaient aux cours de leurs cérémonies rituelles. Le thym et le serpolet « la farigoule provençale » sont la variante cultivée et sauvage d’une même espèce végétale, et ont à peu près les mêmes effets.

Le thym a une action astringente, tonique et stimulante. C’est la plante entière, ramassée au moment de la floraison et séchée, qui sert à la préparation des infusions.

On en tire également du thymol. Ses feuilles sont riches en huile essentielle dont les propriétés sont mises à profit en phytothérapie. Il est antiseptique et utilisé à ce titre pour soigner les affections pulmonaires. Il est spasmolytique et calme les toux quinteuses de la coqueluche et de l’emphysème. Il contient des phénols antiseptiques, qui en font un remède idéal contre les affections saisonnières.

Son parfum dégage le nez des enrhumés et soulage les sinusites au moyen d’inhalations. Les tisanes adoucissent la gorge et peuvent s’employer en gargarisme en cas d’angine.

Le thym s’utilise également pour les problèmes intestinaux ; il soigne les ballonnements et l’aérophagie, en association avec le charbon végétal. Son action antiseptique s’exerce aussi sur le système digestif et notamment en cas de diarrhée. Il s’y ajoute une action vermifuge. Cette plante a aussi un effet dépuratif sur le foie. Le thym, a, par ailleurs, des vertus stimulantes et antivirales, et peut être utilisé pour prévenir les récidives d’herpès ou de zona.

La médecine traditionnelle a confirmé l’emploi de l’huile essentielle, pour ses propriétés cicatrisantes et antiseptiques pour les bronches et les poumons. Les tests pharmaceutiques modernes ont justifié l’action antiseptiques, c’est à dire antibactérienne de l’huile essentielle à thymol et à carvacrol, et ont mis l’accent sur d’autres activités de cette essence. Elle est antiparasitaire, antispasmodique au niveau des bronches et possède un effet stimulant du système nerveux central. De nombreuses spécialités pharmaceutiques renferment la variété de thym à thymol et carvacrol, ainsi que son huile essentielle.

Le tilleul

tilleulLe tilleul est l’un des arbres les plus sacrés des anciens peuples germaniques. Il fut de tout temps utilisé par les guérisseurs pour ses propriétés calmantes et diurétiques. En 1940, alors que les nazis avaient décidé d’affamer la France, L. Binet fit préparer une « farine verte » à partir des feuilles du tilleul desséchées, écrasées et tamisées. Mélangée à de la farine d’orge ou de sarrasin, elle fut utilisée dans l’alimentation, apportant un apport conséquent de chlorophylle. Sachez aussi que 300 g de feuille fournissent 80 à 100 g de farine.

On utilise ses fleurs séchées et conservées dans un endroit sec, à l’abri de la lumière. Leur action est antispasmodique et calmante. Le tilleul, dont la tisane a une réputation universelle, peut aussi servir à la préparation de bains.

L’aubier de tilleul, c’est à dire la deuxième écorce, située à la périphérie, sous l’écorce de l’arbre, constitue la partie jeune la plus riche en principes actifs. L’aubier renferme deux coumarines, dont la fraxoside et les flavonoïdes. Cette composition lui confère d’intéressantes propriétés, totalement différentes des fleurs de tilleul. Il facilite les fonctions d’élimination rénale et digestives. Cholérétique et Cholagogue, il stimule le fonctionnement de la vésicule biliaire, favorise l’élimination de la bile et assure une bonne digestion. C’est un antispasmodique hépatobiliaire ; il soigne les ballonnements, l’aérophagie, les flatulences et les états nauséeux. Il est actif sur les migraines hépatiques.

La décoction d’aubier donne de bons résultats contre les rhumatismes.

 Références

LIVRES

  • « La phytothérapie. traitement des maladies par les plantes » du docteur Jean Valnet aux éditions Maloine.
  • « Se soigner par les légumes, les fruits, les céréales » du docteur Jean Valnet aux éditions Livre de Poche.
  • « Les vertus des tisanes » d’Anne Lavérine aux éditions Livre de Poche.

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