LES EPICES ET AROMATES

Depuis la nuit des temps, les vertus thérapeutiques des certains végétaux se sont transmises oralement, de génération en génération. De nos jours, d’innombrables études scientifiques ont permis de mieux cerner les mécanismes d’action de ces véritables « aliments de santé », dont l’efficacité est due en grande partie à leur richesse en vitamines, en minéraux et en phytonutriments, qui combattent puissamment les radicaux libres dont les fonctions entres autres, sont de freiner le vieillissement ou de réguler nombre de fonctions organiques chez l’être humain.

Les épices et aromates sont l’un des plus précieux cadeaux de la nature

  • Grâce à leurs vertus bactéricides, ils permettent d’aseptiser et de conserver les aliments.
  • Ils sont gorgées d’antioxydants fort précieux pour repousser les vieillissement et nombre de maladies.
  • Enfin, ils contribuent à diminuer la consommation de sel tout en apportant du potassium, le seul élément capable de s’opposer aux effets nocifs du sodium.

LA CANNELLE

cannelleLa cannelle provient de l’écorce du cannelier, un arbre cultivé aujourd’hui un peu partout dans le sud-est asiatique. Cette épice est l’une des plus anciennes : d’anciens textes indiens et même la Bible la mentionnent. Ses usages traditionnels sont nombreux et bien répertoriés mais on a récemment découvert qu’elle pouvait aussi réguler la glycémie.

Stimulante et aphrodisiaque

En cas de fatigue, voici une tisane tonifiante : verser 2 g de poudre de cannelle dans une tasse d’eau bouillante. Laisser infuser pendant une dizaine de minutes, 2 ou 3 tasses par jour.

En cas d’asthénie sexuelle, on peut profiter des ses vertus sous forme d’infusion ou en élaborant une « potion » revigorante : laisser macérer pendant 15 jours 50 g de cannelle dans 1 litre de vin doux.

Vaincre la grippe naturellement

La cannelle est sans doute l’un des meilleurs remèdes naturels de la grippe.

Recette du Docteur Paul Belaiche : Il faut de la cannelle en branche, 2 cuillerées à café de sarriette, 5 clous de girofle. On fait bouillir 3 minutes dans 1 litre d’eau et on boit 1 verre, matin; midi et soir. Le Dr Belaiche recommande d’associer cette tisane à des oligo-éléments de cuivre, un agent anti-infectueux de premier ordre.

Autre recette à base de cannelle destinée à renforcer les défenses organiques en cas de grippe : faire bouillir pendant 5 minutes 25 g de feuilles d’eucalyptus dans 50 cl d’eau avant d’ajouter 10 g de cannelle ; laisser infuser cette préparation pendant un demi- heure puis filtrer ; sucrer avec un bon miel (miel de thym par exemple) ; un grosse tasse matin, midi et soir.

Nouvel espoir pour aider à faire baisser le taux de sucre sanguin

Au fur et à mesure de l’avancée en âge les niveaux de sucre sanguin augmentent alors que, dans le même temps, la résistance à l’insuline s’accroît. Des chercheurs ont constaté que la consommation d’une tarte aux pommes à la cannelle, contre toute attente, diminuait les niveaux de glucose dans le sang ! L’étude a permis de démontrer que certains principes actifs de la cannelle étaient capables de stimuler le métabolisme du glucose dépendant de l’insuline et permettaient donc, dans une certaine mesure, de faire baisser une glycémie trop élevée. Bien évidemment, la cannelle ne peut pas se substituer aux soins médicaux en cas de diabète déclaré.

LE CURCUMA

curkumaIl se présente sous la forme d’une jolie poudre jaune. On peut facilement le confondre avec le safran. Le curcuma est très utilisé en Inde où il entre dans la composition du curry.

Cette épice est obtenue à partir du rhizome du Curcuma longa, une plante herbacée qui prospère dans de nombreux pays en Orient et qui appartient, tout comme le gingembre, à la famille des zingibéracées. Ces dernières années, le curcuma a fait l’objet de multiples études scientifiques. Les chercheurs ont découvert que sa richesse en puissants antioxydants en faisait l’un des plus efficaces anti-inflammatoires naturels.

L’inflammation chronique

L’inflammation est un processus naturel très utile et parfois même vital pour l’organisme. Mais il risque de devenir dangereux lorsqu’il s’installe dans la durée. On parle alors d’inflammation chronique.

Récemment, des chercheurs ont commencé à s’interroger sur le rôle nocif de l’inflammation chronique aprés avoir constaté que les patients absorbant quotidiennement des anti-inflammatoires non stéroïdiens présentaient un moindre risque de cancer par rapport à ceux qui n’en prennent pas. Malheureusement, ces substances médicamenteuses ne sont pas toujours bien supportées par certains organismes et peuvent même parfois provoquer de sérieux dégâts au niveau de la muqueuse gastrique, dont les ulcères.

Les molécules inflammatoires jouent donc un rôle important, non seulement dans l’arthrite et les réactions allergiques mais aussi, entre autres, dans l’ischémie (arrêt ou insuffisance de la circulation sanguine dans un tissu ou un organe), l’athérosclérose, les accidents vasculaires cérébraux, certains cancers et même dans le développement de la maladie d’Alzheimer.

Ainsi, certaines études suggèrent que l’extrait de Boswellia serrata et la curcumine possèdent de réelles propriétés anti-inflammatoires. La Boswellia serrata est une plante traditionnellement employée en médecine ayurvédique et plusieurs études cliniques réalisées sous l’égide du gouvernement indien en ont démontré le bien-fondé. Des résultats encore plus favorables ont été enregistrés lorsque le Boswellia est associé au curcuma, notamment dans le traitement de l’asthme bronchique ou du syndrome du côlon irritable.

Les bienfaits de la curcumine

  • Elle est un super antioxydant qui, lors d’études in vitro, provoque l’apoptose, c’est à dire un processus de mort programmée, des cellules cancéreuses avec une efficacité supérieure au sélénium, l’oligo-élément anticancéreux par excellence. Des études statistiques ont démontré que les indiens, de grands consommateurs de curcuma, sont beaucoup moins touchés que les occidentaux par le cancer, en particulier celui du sein, de la prostate, du poumon et du côlon. Selon les chercheurs du Centre Anderson du Cancer de l’Université du Texas à Houston, la curcumine serait capable d’entraver la progression du myélome multiple, un grave cancer de la moelle osseuse.
  • On a également observé en Inde une moindre incidence des affections cardiovasculaires, de la polyarthrite rhumatoïde, du syndrome prémenstruel et de la maladie d’Alzheimer. Une équipe dirigée par le docteur Gregory M Cole a constaté que la curcumine, chez des souris de laboratoire, entravait la formation des fibres d’amyloïde dont l’agrégation provoque dans le cerveau les plaques responsables de la maladie d’Alzheimer.
  • La curcumine protège efficacement l’organisme face aux invasions virales. C’est même là l’un des principaux usages séculaires du curcuma.
  • Elle facilite la digestion et combat la formation excessive de gaz dans les intestins et dans l’estomac. Les médecins ayurvédiques considèrent qu’une bonne digestion est le premier pilier d’une bonne santé et prescrivent traditionnellement l’absorption de curcuma à leurs patients souffrant de troubles digestifs.
  • La curcumine réduit l’agrégation plaquettaire responsable de l’athérosclérose et les thromboses, tout en limitant la production de cholestérol total, car elle stimule la sécretion biliaire, et en favorisant l’augmentation du HDL-cholestérol, l’ « bon » cholestérol.
  • Enfin, la curcumine agit comme anti-inflammatoire dont l’efficacité semble similaire à celle de l’aspirine, sans ses effets secondaires. Elle est conseillée pour soulager douleurs de l’arthrite. Selon les resultats d’une étude britannique, cette épice, administre à des doses relativement importantes, serait capable d’inhiber la production de certaines enzymes proinflammatoires qui incitent d’autres enzymes à dégrader le cartilage des articulations.

INTÉGREZ le curcuma dans votre cuisine !

On peut la saupoudrer dans de nombreux plats. A noter que les principes actifs du curcuma sont mieux assimilés par l’organisme si l’on combine cette poudre avec un peu de poivre (le poivre noir possède de bien meilleures vertus thérapeutiques que le poivre gris).

Elle existe également comme complément alimentaire, mais il est préférable de s’assurer les conseils d’un thérapeute, quant à la posologie et la durée d’un éventuel traitement.

Le curcuma est essentiellement employé en usage interne. Néanmoins, certaines personnes atteintes de crises récurrentes de psoriasis affirme le soulager en fabriquant une pâte à l’aide de poudre de curcuma et d’eau. Elle soulagerait également les mycoses.

LE GINGEMBRE

 

gingembre1Originaire d’Asie du sud, son rhizome est employé depuis des millénaires en Orient, et plus particulièrement en Chine où il occupe une place de choix dans la pharmacopée. Dans la Grèce antique, Pythagore, l’inventeur du célèbre théorème, le conseillait déjà pour soigner les troubles liés à la digestion. C’est sans doute l’un des remèdes les plus polyvalents que la nature puisse nous offrir. Seul l’ail parvient à le surclasser.

LES BIENFAITS DU GINGEMBRE

Rhume et gastro-entérite

Le gingembre permet souvent de faire avorter un rhume ou un début de gastro-entérite, mais à condition de l’attaquer dès les premiers symptômes. on peut prendre une cuillère à café de cette épice, de préférence fraîchement moulue, bien diluée dans un verre d’eau. Le goût est fort piquant mais supportable. Un traitement à renouveler toutes les deux heures environ. Pour plus d’efficacité on peut y rajouter un peu de miel et du jus de citron.

Pour soulager les ennuis gastriques dus aux excès de table : râper l’équivalent de 2 cuillères à café de gingembre, les recouvrir d’eau bouillante et laisser infuser pendant une dizaine de minutes.

Diarrhée et mal de ventre

Les chinois se servent du gingembre depuis des milliers d’années pour soigner le mal de ventre ou la diarrhée, à savoir, une cuillere à café dans de l’eau chaude sucrée avec du miel.

Arthrite

En vertu de ses réelles propriétés anti-inflammatoires le gingembre est souvent conseillé pour soulager les douleurs arthritiques. On pense qu’il agit en entravant la formation des prostaglandines inflammatoires responsables de l’enflure et de la douleur.

Mal des transports

En Allemagne, on utilise couramment le gingembre pour prévenir le mal des transports (à raison de 2 grammes par jour). Selon certains auteurs, ce serait le meilleur traitement connu contre ce genre de trouble gastrique, et plus particulièrement contre le mal de mer, supérieur même à la plupart des médicaments classiquement prescrits pour éviter de vomir dans ce genre de situation. L’effet thérapeutique du gingembre serait dû aux gingérols qu’il renferme. Ces substances spécifiques à cette plante joueraient un rôle indirect en inhibant les réflexes déclencheurs de vomissements.

Anticoagulant

Le gingembre facilite la circulation artérielle et veineuse grâce à ses propriétés anticoagulante. Tout comme l’aspirine, à laquelle la structure chimique du gingérol ressemble, il serait capable d’inhiber la formation excessive de la thromboxane, une substance chimique qui joue un rôle majeur dans le processus de coagulation des plaquettes sanguines.

Stimulateur du système immunitaire

Le gingembre renforce puissamment le système immunitaire et il agit donc préventivement contre certains cancers. Il peut contribuer à détruire le potentiel cancérigène de certaines substances nocives. Ainsi, on pense que le gingembre, comme le cumin ou le poivre noir, pourrait aider à inhiber les effets de l’aflatoxine, une substance produite par une moisissure et susceptible d’être à l’origine d’un cancer du foie.

Aphrodisiaque

En chinois, son nom signifie « virilité ». Même s’il ne faut pas s’attendre à des miracles, le gingembre agit effectivement comme un révulsif et provoque donc un afflux de sang intense dans les organes périphériques, d’où une bouffée de chaleur entraînant le désir sexuel. Cette plante condimentaire est par ailleurs riche en zinc, qu’on surnomme à juste titre le « minéral du sexe » car il est indispensable à la formation de la testostérone, l’hormone mâle. Et l’on sait qu’une large majorité de nos contemporains ne reçoivent pas suffisamment de zinc par leur seule alimentation, trop raffinée.

LE GINGEMBRE :

  • est un tonifiant et il combat donc la fatigue
  • peut parfois aider les personnes souffrant de vertiges ou d’étourdissements
  • en accélérant la circulation cérébrale, il représente une aide précieuse contre les migraines
  • permet souvent de soulager les nausées lors de la grossesse
  • exerce une action carminative, c’est à dire qu’il facilite l’expulsion des gaz intestinaux

 Mise en garde : à forte doses le gingembre peut irriter les intestins et il convient de ne jamais le consommer pur car il peut occasionner des brûlures dans la bouche.

RÉFÉRENCES

Livres

Géniales épices de Nathalie Helal aux éditions Alysse

Épices et santé de Nathalie Giraud aux édition Tredaniel

Le curcuma et bienfaits aux éditions Contre-Dires de Yves Réquena

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