LA VIE SELON LE TAO

Deux forces, deux Énergies, fondent et animent l’Univers, l’Énergie du Ciel « Yang », et l’Énergie de la Terre « Yin ».
Tout ce qui est manifesté procède donc de ces deux principes.
La Vie est le résultat inévitable, inéluctable du mouvement fondamental du Tao lorsqu’il se divise en Yin et Yang.

Elle a donc deux racines, le Ciel et la Terre. Procédant de l’Énergie originelle, elle en est la manifestation la plus légère, la plus subtile, la plus mouvante, la plus changeante, la plus variée dans ses formes. Lorsqu’elle se concentre au point fusionnel de l’équilibre parfait du Yin/Yang, la Forme qu’elle anime apparaît. Lorsque ce point est rompu, la Substance disparaît et l’Énergie se disperse.

Toute manifestation vitale, de l’unicellulaire au plus complexe, n’est possible que si la Matière est animée par l’Énergie subtile et légère.

La Vie se déroule ainsi, non pas de façon linéaire mais cycliquement, logique, cohérente, rationnelle, soumise aux lois cosmiques qui sont siennes et exprimées dans leurs aspects élémentaires.

Par une relation d’engendrement mutuel, la Matière procède de l’Énergie et l’Énergie de la Matière. Par une relation d’opposition réciproque, elles s’équilibrent.

La Matière est yin et l’Énergie est yang. La Matière émane de la Terre et l’Énergie du Ciel. La Forme est la Demeure de l’Énergie et l’Énergie est le Maître de la Forme. L’une ne peut exister sans l’autre et inversement parce qu’elles s’engendrent perpétuellement l’une et l’autre.

Cette loi est vraie pour l’Univers tout entier comme pour la plus infime de ses manifestations.

C’est l’Énergie, la Vie qui donnent au Cosmos, son unité, sa cohérence, son harmonie. Mais que l’un des éléments manquent ou ne soit pas en harmonie, et c’est l’ensemble qui, déséquilibré, ne peut plus fonctionner. Le phénomène vital, nécessairement universel, est donc extrêmement fragile et cependant indestructible.

En effet, et à tous les niveaux, l’Énergie, la Vie ont leurs propres mécanismes pour rétablir l’ordre si tant est que rien n’intervienne dans le cours normal des événements, mécanismes d’auto régulation que l’on appelle en médecine, homéostasie.

Entre le Sans forme et l’Ayant forme, il existe un état intermédiaire où s’exprime le désir d’être dans le Visible, préexistant à la conception et à la naissance.

Entre l’Ayant forme et le Sans forme, il existe également un état intermédiaire où s’exprime le désir d’être dans l’Invisible, de perdurer sans forme au delà de la disparition de la forme individuelle.

C’est par elle que l’on est d’abord et généralement conscient de soi même, forme accessible directement par l’observation de la visibilité.

Ce désir d’une autre forme de conscience est connu parfois dès le monde manifesté par l’expérimentation contemplative.

Si, quand on les observe, la Vie et ses multiples manifestations apparaissent soit comme un miracle, soit comme un mystère ou encore plus sûrement comme les deux à la fois, elles ne sont cependant pas, comme certains ont pu le concevoir, le fruit d’un hasard incompréhensible, voire d’un accident, au cours d’une évolution que nul ne peut expliquer, illogique, irrationnelle.
Elles sont la conséquence inéluctable du jeu de l’Énergie universelle et des Énergies élémentaires au cours de leur processus dynamique de transformation au sein du Vide médian.

Les Énergies universelles yin et yang génèrent la Vie, les Énergies élémentaires organisent ses manifestations en cinq états particuliers de l’Énergie et de la Matière, aux caractéristiques particulières et aux fonctions spécifiques à chacun, de façon cyclique, favorisant l’apparition et le maintien de la Vie en un point précis et fragile d’équilibre au cours des processus de croissance/décroissance du Yin et du Yang.

Ce phénomène vital se développe selon les lois d’engendrement, de domination et de régulation/transformation des Cinq mouvements.

Tant que ces lois sont respectées, la Vie est harmonie.
Dès lors qu’une d’entre elles n’est plus honorée, la disharmonie s’installe et le cours logique, naturel, nécessairement évolutif de la Vie est entravé. La Matière disparaît tandis que l’Énergie se disperse.

La Vie elle-même est mouvement.
L’essence de la Vie, c’est le mouvement. L’immobilisme, c’est la mort.
Tous les êtres vivants sont conçus, naissent, croissent et décroissent et enfin disparaissent selon ses lois auxquelles nul ne peut se soustraire.

Souple, flexible, adaptable, la Vie dans son mouvement est, au delà du bien et du mal dont elle n’a que faire, nécessairement intelligente, logique, cohérente, portée vers l’expansion, la progression, l’évolution absolument sans limite.

Entre Ciel et Terre, elle ne connaît point de repos. Son mouvement génère tous les êtres sans qu’elle les possède. Elle les nourrit sans rien en attendre en retour. Neutre, impartiale, elle ne fait montre d’aucune préférence pour telle ou telle de ses créatures. Elle crée et rien ne peut l’arrêter. Que l’on tente de la bloquer et elle se fraiera un passage pour continuer son œuvre créatrice.

Nous pouvons facilement ressentir son mouvement, nous les êtres humains par deux de ses manifestations, le cycle de saisons à l’extérieur et l’activité vitale à l’intérieur.

Chaque saison est une concentration d’Énergie yin ou yang. Le passage de l’une à l’autre en représente l’alternance dans leur incessant processus de monté et de descente, structuré selon les immuables principes des Cinq mouvements auxquels chacune d’entre elle est liée.
Ainsi le Printemps est lié au Bois, l’Été au Feu, l’Automne au Métal, l’Hiver à l’Eau, les Cinquièmes saisons à la Terre qui porte et nourrit de son Yin les quatre autres.

Au Printemps, saison de renaissance, d’engendrement, de renaissance, de réveil des êtres et des phénomènes, le Yang croît. Les plantes sortent de la Terre. L’Homme se doit d’y produire sans rien détruire.

  • En Été, saison de plénitude, de maturité, de croissance, le Yang est à son maximum. L’Homme doit laisser s’exprimer vers l’extérieur ses Énergies intérieures.
  • A l’Automne, le Yang descend et le Yin monte. C’est maintenant que l’Homme doit apaiser ses conflits, ses contradictions, purifier son Énergie, stocker ses acquis, engranger ses expériences.
  • En Hiver, le Yin est maximum. La Nature, les choses et les phénomènes s’endorment. La Terre ne produit plus. Elle garde en elle les germes de toutes les formes de Vie ultérieures. L’Homme lui aussi ne doit maintenir qu’une activité minimum. C’est la saison du repli, de la prise de recul, de la méditation.

Rien de ce qui se meut dans le Vide médian ne peut échapper au cycle circadien.

Il est vraiment le cycle fondateur de toute Vie sur notre planète. Chaque saison est une concentration d’Énergie. La Vie humaine, tant extérieure qu’intérieure, est donc soumise aux rythmes saisonniers. Elle en dépend complètement. Nous vivons donc dans un cadre Espace/temps dont nous sommes une émanation, rythmée par les saisons et qui n’est que la projection des cycles de l’Énergie universelle, le reflet parfait de l’Espace/ temps cosmique.

Toute notre activité vitale, c’est à dire nos fonctions vitales, physiologiques et psychiques, c’est à dire l’ensemble des Organes dont elles procèdent et qui en dépendent sont liées à la saison en regard. Elles sont également soumises à ce rythme circadien et par lui aux principes du Yin/Yang et des Cinq Mouvements.

Toute action opposée aux cycles du Mouvement vital ne peut donc que déboucher sur une pathologie, symptôme du décalage des rythmes individuels par rapports aux rythmes universels.

La maladie peut donc être comprise comme une tentative de rétablissement d’une connexion correcte.

Toute thérapie consiste donc à utiliser les meilleures méthodes de soins pour réinsérer l’individu dans le Mouvement universel.

Par conséquent, la clef de la santé, de la croissance, du bonheur, est de s’y abandonner sans la moindre velléité de résistance.

Sources

le tao de la physiqueInspiré du livre de Fritjof Capra, le Tao de la physique1212

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