LA MEDITATION

La méditation, est un entrainement à l’autorégulation de l’attention, d’où émerge une conscience aboutissant à la perception et la compréhension des phénomènes intérieurs et extérieurs. Les formes de méditation sont multiples. On peut la pratiquer dans différentes postures, immobile ou en mouvement. Le contexte en détermine les buts, de la pratique religieuse et spirituelle à l’approche contemporaine de bien-être et de santé.

Toutes les méthodes ont pour dénominateur commun l’expérience de la relaxation physique et du calme mental.

Les pratiques méditatives se divisent en deux grandes catégories :

  • celle qui concentrent l’attention sur un objet ou une idée,
  • celle qui laissent toutes les expériences émerger à la conscience.

Un peu d’histoire

220px-BuddhaLes formes utilisées depuis les temps anciens diffèrent selon les pratiques religieuses et culturelles, asiatiques pour la plupart. La méditation occupe une place importante dans le yoga, les arts martiaux et le bouddhisme. La plupart des techniques visent à aider le pratiquant à développer la connaissance de soi et atteindre la paix intérieure et l’éveil (sa composante spirituelle).

Pratique essentiellement orientale jusque dans les années 60, elle a ensuite fait son entrée sur la scène de la culture pop occidentale; en partie grâce au groupe pop anglais, les Beatles. En occident, elle est généralement détachée de tout contexte religieux, même si la prière contemplative chrétienne est une forme de méditation.

Vers la fin des années 60, les scientifiques commencent à étudier les capacités extraordinaires de certains méditants expérimentés qui parviennent à maitriser des fonctions physiques considérés jusque là comme hors du contrôle de la conscience comme le rythme cardiaque, tension artérielle et production d’hormones du stress. La méditation attire l’attention des médecins renommés comme Herbert O. Benson, professeur de médecine à l’université de Harvard. Il appelle les modifications physiologiques qui prennent place durant la méditation « réaction de relaxation » et montre que ce phénomène a lieu indépendamment de la technique utilisée ou de la croyance religieuse qui la sous-tend. Des réactions similaires se produisent dans d’autres pratiques induisant la relaxation. En 1979, le biologiste américain Jon Kabat-Zinn crée, à la faculté de médecine de l’université du Massachusetts, un « programme de réduction du stress fondé sur la pleine conscience ». Durant les années 90, cette université et celle de Haward utilisent la méditation comme adjuvant des traitements médicaux classiques. En étudiant le cerveau de méditants, Benson a constaté, grâce à l’imagerie par résonance magnétique (IRM), une activité accrue des régions liées à l’attention et au contrôle du système nerveux autonome (responsable des fonctions automatiques comme la digestion et la tension artérielle). D’autres études ont révélé des modifications de la chimie du cerveau et une augmentation du débit sanguin dans les zones associées à l’activité corticale. La méditation entraine même, d’après des données récentes, des modifications structurelles du cerveau : certaines parties corticales sont plus épaisses chez les méditants réguliers.

C’est une technique bien acceptée, grâce au nombre croissant de données probantes sur ses bienfaits pour la santé et la prévention de la maladie. comme le montre un électro-encéphalogramme, une pratique régulière modifie les schémas d’ondes cérébrales (augmentation de l’activité des ondes alpha en particulier) caractéristique commune à de nombreuses formes de relaxation. Elle provoque une activité cérébrale intense dans la partie ou siège les émotions positives tandis que diminue l’activité d’une autre partie, centre des émotions négatives et de l’anxiété. C’est maintenant une forme populaire de relaxation et de réduction du stress, une voie de développement personnel et un adjuvant au traitement médical.

Il n’existe pas de système de réglementation ou de certification pour les pratiquants et enseignants, mis à part les cours de méditations transcendantale (MT), qui sont dispensés par des instructeurs formés et agrées par l’organisation du même nom.

En pratique

meditationaaSimple à apprendre, la méditation ne nécessite ni équipement ni tenue spécifique. Elle est ouverte à tout le monde, quelle que soit sa forme physique. Une fois assimilée, elle peut se pratiquer seul chez soi ou presque n’importe où : les méditants expérimentés apprennent à « faire abstraction » des distractions extérieures et méditent même dans le bruit et l’animation.

La pratique de la méditation de façon régulière :

  • développe l’attention, la vigilance, l’efficacité et la productivité mentales.
  • abaisse la tension artérielle, le rythme cardiaque et respiratoire
  • augmente la résistance épidermique dus à une réduction de l’activité du système nerveux sympathique (responsable des réactions au stress et à la menace)
  • réduit les niveaux d’hormones du stress (épinéphrine et cortisol)
  • augmente les niveaux de mélatonine, hormone responsable de la régulation des cycles de sommeil-veille.
  • La péroxydation des lipides dans les artères (modification des graisses liée à une élévation du risque d’athérosclérose et du risque cardiovasculaire) est limitée.
  • Les effets bénéfiques sur le système auto-immune suggèrent que la méditation stimulerait les pouvoirs de résistance à la maladie et de guérison du corps.

La méditation est souvent enseignée dans des centres de santé et des lieux spirituels, en séances individuelles ou en groupe. Il est aussi possible de l’apprendre seul à l’aide de livres et de matériel audiovisuel, ou sur le net (pour certaines formes du moins).

Types de méditation

L’accent est en général mis sur l’entrainement à la concentration mentale pour détacher l’esprit des ruminations quotidiennes, la relaxation physique et une conscience non jugeante.

Les pratiques méditatives se divisent en deux grandes catégories :

  • celles qui s’appuient sur la concentration et une attention soutenue,
  • celles qui laissent toutes les expériences émerger à la conscience.

Dans les deux, l’effet est de calmer le « flot permanent de pensées » souvent négatives. Cet apaisement permet de réaliser le calme, la clarté mentale et de prendre conscience, d’accepter, l’instant présent.

La plupart des types de méditation comportent des aspects complémentaires à la concentration mentale. Certaines techniques, comme le Vipassana et le zen, ont une composante spirituelle. La méditation fait également partie intégrante du yoga. Dans les formes où la respiration occupe une place essentielle, il s’agit d’un exercice de contrôle des phases d’inspiration et d’expiration.

La pleine conscience

3798116660_77cc54f3b0Il s’agit d’un état de conscience résultant de l’attention portée intentionnellement, sans juger, sur ce qui se présente d’instant en instant.

Au cœur des grandes traditions bouddhistes, cette pratique a été intégrée aux soins de santé en Occident, essentiellement comme techniques de réduction du stress et comme thérapies comportementales et cognitives, destinée à gérer les émotionsmeditation-la-pleine-conscience-pour-v_01 négatives. On l’utilise pour soigner les troubles de la personnalité, qui se manifestent par une tendance à réagir de manière excessive aux stimulations émotionnelles.

Des recherches récentes ont démontré les bienfait des pratiques de méditation en pleine conscience pour traiter des problèmes de santé spécifiques comme les dépendances, les douleurs chroniques, les frénésies alimentaires incontrôlées, la dépression, l’anxiété et certains troubles cutanés.

Vipassana

imagesbLa méditation Vipassana est le développement de la « vision pénétrante ».

C’est l’observation des phénomènes tels qu’ils apparaissent d’instant en instant (une sensation physique, comme la respiration, par exemple) avant de laisser la conscience s’élargir pour inclure d’autres objets d’attention (sensations physiques, pensées et émotions).

Selon les bouddhistes, cette attention et cette conscience de l’instant présent révèlent la véritable nature de la réalité.

Dans le domaine médical, on a constaté qu’elle permettait de mettre à jour des habitudes inconscientes d’interaction et de réactivité corps-esprit.

Méditation transcendantale

200px-MahareshiYogi2La MT a été introduite en Occident par Maharishi Mahesh à la fin des années 50. Elle a été adoptée par de nombreuses stars de la culture pop comme George Harrison, Mick Jagger, Mia Farrow.

C’est aujourd’hui une organisation internationale. Il s’agit de répéter un mantra (son, mot ou phrase) à voix haute ou mentalement, dans le but d’atteindre un état de conscience relaxé ou modifié. On laisse s’envoler toute pensée qui s’élève et l’attention est ramenée vers le mantra. Celui-ci, choisi par le maître spécifiquement pour chaque élève, aurait un effet vibratoire particulier. Les adeptes et le fondateur de la MT affirment qu’elle pourrait amener l’esprit au niveau de la « conscience pure ».

Les méditants avancés pourraient avoir une influence positive sur la société en réduisant les tendances à la violence et la criminalité, par exemple, comme sur eux mêmes en augmentant leur QI.

Certains pratiquants entrent dans une sorte de lévitation portant le nom de « vol yogique ».

Liée au parti de la Loi naturelle, la MT en tant que mouvement a été classée comme sectaire en France dans le rapport parlementaire sur les sectes de 1995. Parmi les multiples études sur ses bienfaits présumés pour la santé, certaines ont produit des données probantes, d’autres (réalisées au sein de l’organisation) se sont avérées non concluantes, sinon biaisées.

Méditation Zen

imagesAZazen, la méditation assise en japonais, est le cœur du bouddhisme zen. C’est une pratique de concentration profonde, ici et maintenant, où la précision et la rectitude de la posture (celle du Bouddha originel) s’accompagnent d’une ample respiration abdominale et d’une profonde expiration.

Calmement assis, sans penser à rien de précis, le pratiquant observe les pensées et images et les laisse passer sans s’y attacher, puis revient à la concentration sur la posture. L’attitude de l’esprit est sans désir de profit, sans but, sans choix de  rejet.

Kinhin, courte méditation en marchant, s’intercale entre deux1078421_3963764 périodes de zazen. Les participants avancent dans la salle au rythme de leur respiration en conservant la même concentration.

Par-delà ses bienfaits pour la santé physique et psychique, communs aux autres formes de méditation, le zazen est la voie la plus courte, mais sans doute la plus exigeante, vers la connaissance de soi.

Réferences

Video

Interview de Matthieu Ricard, scientifique et moine bouddhiste au sujet de la méditation.

Livres

Bandes dessinées

  • Les origines du zen et soyons zen de Tsai Chih Chung (Lys)

Conte

  • Je veux devenir moine zen de Miura Kiyohiro (Picquier poche)

Autres

  • 365 méditations quotidiennes du Dalaï-lama (Pocket)
  • L’entraînement de l’esprit et l’apprentissage de la bienveillance de Chögyam Trungpa (Points, Sagesse)
  • Le pouvoir du moment présent d’Eckhart Tolle. Guide d’éveil spirituel (Ariane)
  • Éloge de l’insécurité d’Alan W. Watts (Petite bibliothèque Payot)

Liens

Portail web autour du thème de la méditation et la spiritualité 

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